dimanche 25 août 2013

le livre des seins et ses castagnettes!

Cela faisait déjà plusieurs mois que je discutais plaisamment avec un charmant jeune homme érudit, éminent spécialiste du sein. Ce gentleman médecin était très désireux de me rencontrer mais j'avoue que je restais dubitative sur son engouement mammophile alors que toute la journée il travaillait à palper et détecter les tumeurs de cet organe et je gardais une certaine réserve sur cette hagiographie fétichiste bipolaire: le bon docteur Jekyll qui fantasmait sur les vallons humains et Mister Hyde qui tâtait toute la journée les éclats impurs et cancérigènes de cette montagne sacrée...ah moins qu'il s'agisse  pour le coup du contraire.

Mais Rodrigo était vraiment adorable épistolairement, j'étais célibataire, me sentant un brin délaissée, encore marquée par ma rupture avec mon compagnon, la frustration de mon phallus photographique préféré et l’enivrement de se sentir ainsi désirer et la curiosité sur cette personnalité si insolite éroda et balaya au fur et à mesure toutes mes objections pour un jour accepter un rendez vous avec le fameux Rodrigo.

La veille, je venais de finir l'amusant pastiche de Philippe Roth sur la métamorphose de Kafka intitulé : "le sein" où le protagoniste un jour,à son réveille,  découvre un bouton sur son sexe qui le transforme progressivement en un sein gigantesque...cet amusant récit si riche psychanalytiquement m'avait réjoui et il me tardait de taquiner de  visu le bon docteur sur son engouement... du coup, le matin, j'étais gaie, sereine, habillée d'un robe en satin noire courte et de quelques froufrous intimes lorsque - comique de répétition oblige - je découvris que mon cycle lui aussi s'était amusé à me taquiner, me rendant visite avec quelques journée d'avance de manière inopinée...Décidément mon inconscient devait travailler pour que la fameuse dame nature vienne ainsi interférer dans mes projets de coïtus non interrompus!


Merde! bon! ben notre première rencontre allait être assez soft! Pourquoi pas! et je sirotais tranquillement  mon coca light jusqu'à l'heure fatidique, me demandant comment Rodrigo serait et se comporterait.
Je découvris, en fait, à l'heure dite un beau colosse Hispano-Touareg, souriant de manière éclatante et sérieusement ému des quatre étages qu'il venait de gravir.
Une jolie voix m'expliqua qu 'il avait le cœur battant de me voir. Flattée, je l'embrassais doucement et coquettement du bout des lèvres, lui caressant le visage et l' invita à pénétrer dans mon salon.
Assis sur mon petit canapé, je le rejoignit lui offrant gracieusement un verre d'eau tandis qu' il m'emprisonna ma main dans la sienne, l’embrassant et afin de me faire sentir son cœur chavirant qui effectivement cognait à toute allure.
Je souriais gentiment, priant que ce grand jeune homme de quarante ans ne fasse pas un infarctus dans mon antre et en caressant gentiment ses cheveux lui dit qu' on avait tout le temps que de toute façon il s'agissait d'un premier face à face, que ce qui comptait était la qualité de ce petit interlude amical et sensuel et l'embrassait pour me faire immédiatement manger par une bouche impétueuse et sensuelle... terriblement enfumée...moi qui avait arrêté deux ans auparavant la cigarette, je retrouvais le goût de mes lucky par salive interposée, olé!

Et alors qu'au bout d'à peine cinq minutes,  nous allions gentiment dans ma chambre afin d'être "plus à l'aise", je me retrouvais soudainement en culotte, la robe extirpée vivement, le soutien gorge quasi arraché et soudain je fus brutalement courbée la tête projetée sur mon oreiller...ouch' mon toréador devait me prendre pour une vache espagnole et alors que dans une fraction de seconde anxieuse je me demandais si j'avais été bien prudente quand même d'inviter ce monsieur au sang visiblement très très chaud et si il allait quand même pas passer outre mon dernier voile de pudeur cotonneux afin de m'empaler sans plus de forme puisque ne pouvant célébrer mon autel de Vénus... je  le sentais effectivement extremement dur et tendu derrière moi, alors que collé à mon dos, flairant, soufflant et me maintenant cambrée par ma chevelure quand j'entendis subitement un immense hurlement!

je sursautais et me retournais l'entendant hurler dans mon appartement (mince mes voisins) et se tenant le slip  -  merci sherlock holmes -  son phallus: "j'en chiiiiiiiiiiiie! j'en chie!!!!!!! noooooooon! trop douce! j'en chiiiiie! je te pensais pas si douce! j'en chie!"

Voilà, voilà, voilà...j'ai un côté vieille France et si quelques injures, grossièretés m'émoustillent, là j'étais un peu choquée des propos de ce bon monsieur quand même, tout en compatissant avec sa douleur...mon esprit, n'ayant jamais été célèbre pour sa célérité cérébrale s’apitoya immédiatement en se disant "le pauvre monsieur, l'émotion, les sphincters ont du lâcher, c'est la honte" avant de me dire que ce colosse plié en deux, pleurant bruyamment à grosses larmes se cachait plutôt le sexe que le fessier et là, enfin, la lumière fut...hélas! quelque chose avait du céder chez mon ami bien plus vite du fait de son excitation et  redenouveau, face à moi, se tenait un homme pleurant à chaudes larmes, honteux d'avoir été "un peu" trop rapide...décidément c'était une spécialité carabine vu que j'avais déjà vécu la même situation avec mon  jeune étudiant en médecine.

Je contemplais tristement un Rodrigo dépité voire même désespéré, pleurant et gémissant de manière démonstrative quand je me décidai enfin de le soulager de cet embarrassant moment et vins aussitôt l embrasser en le rassurant et susurrant que ce n'était pas grave au contraire très flatteur pour moi toute cette émotion et qu'on allait maintenant tout reprendre et que d'ailleurs il s'était pas occupé de moi, et je l'entraîna sur mon lit tandis qu'il reprenait confiance maintenant que sa virilité était sauve! ouf!

D'ailleurs, maintenant, apaisé il me souriait de son superbe sourire, m'embrassait, me cajoler, me caressait avec une grande dextérité au point qu'à force d'inspecter en tâtonnant, suçotant sa spécialité diurne, je commençais à me sentir à mon tour toute chose et il réveillait chez moi un tempérament certain et animal...il me tournait, retournait, réchauffait toutes les parties de mon corps et je me laissais envahir par ce plaisir et cet éveil des sens, me faisant gémir et râler de désir et d'abandon lorsque... je pris conscience que j'entendais un écho déformé de mes soupirs...un curieux effet stéréo !

Douche écossaise immédiate digne de mes ancêtres highlanders, j'ouvris grands les yeux pour voir mon hidalgo  en souriant m'imiter!
"Il se fout de ma gueule le con!" fut ma première pensée bien moins énamourée que celles flottant dans ma tête deux minutes auparavant!
Déjà que j'ai une tendance certaine à la paranoïa et une certaine difficulté à me laisser aller et me sentir en confiance, voir quelqu'un avec un sourire jusqu'aux oreilles gloussant ravi de mes borborygmes et les reproduisant n'aidait pas à l'invitation au voyage!loin de là!!!

Arf! je n'avais pas mérité cela! mais cet air réjouit, quasi infantile me rappela le plaisir d'une de mes amies que j'avais amené en vacances en Lozère. Cette parisienne pur jus, à l'accent titi répétait sans cesse et sans vergogne, le moindre mot émis par les autochtones. Avant que nous nous fassions lapider par ces derniers, surprise, je lui demandai pourquoi elle se moquait ainsi des gens du coin et de leur accent. Interloquée à son tour elle me répondit, qu'elle ne se moquait pas, au contraire, elle aimait tellement les sonorités chantantes de la langue d'oc, qu'elle ne pouvait pas s’empêcher de les reproduire!
Mon Rodrigo ne se gaussait pas de moi, il était simplement au vu de son immense sourire, réjoui du plaisir qu'il me procurait et du coup enchanté reproduisait à l'identique les sons qui s'extirpait de mon humble personne, devenue sa guitare et  ayant depuis belle lurette oublié le couac du débit et début de ses castagnettes.

Plus tard, un peu apaisés nous discutâmes médecine, faits divers de société et je fus impressionnée par la connaissance et le ton docte et didactique de mon nouvel amant...la dichotomie entre le savant sûr de lui, m'expliquant les rouages de son métier et de sa spécialité (tout en rassurant mon hypocondrie, il avait tout bien inspecté le bougre et n'avait senti aucune tumeur dans mes seins, ouf!) et sa sexualité quelque peu extravagante voire, selon moi, un brin infantile me rappela combien parfois lors des tests de personnalités l'écart est grand entre un quotient intellectuel et émotionnel...quoiqu'il en soit le faux pas du départ dont nous reparlâmes jamais plus fut vite oublié et une jolie amitié naquit de cette rencontre éphémère quelque peu déroutante...


2 commentaires:

Joueur Parisien a dit…

Un bien étrange Caballero pour de somptueuses castagnettes….

Joueur Parisien a dit…

Lozère dites-vous, si je me souviens bien c'est là que vous vous êtes fait dérober vos Louboutin par un castor fétichiste ?