vendredi 24 avril 2015

Un héros si discret


La métamorphose abrupte de mon corps amputé d’une trentaine de kilos en 6 mois par le régime du bon docteur Dukan puis la reprise plus lentement mais tout à fait aussi sûrement avait creusé d’une mare un océan chez mon Narcisse.

Parce que j’étais seule et par commodité, lorsque je décidai d’arrêter de peindre pour m’essayer à des travaux prétendument plus conceptuels, je pris l’habitude de travailler sur moi. J’avais toujours revisité dans mes toiles des images ou scènes qui me heurtaient ou me troublaient afin de les ravir, les apprivoiser et les faire miennes.

Ce corps qui était parfois ou avait été un tel fardeau, je décidais, à défaut de le maîtriser, de l’utiliser comme matériau. Me sentant totalement distanciée de mon image mais fascinée, je déversais également, tout aussi joyeusement, dans les réseaux sociaux mille et un selfies où seule moi je pouvais – parfois - reconnaître une légère variation, notamment dans le 5e cil de ma paupière gauche un brin plus ombré sur cette prise-là ou une nuance de rouge à lèvres évoluant d’un rouge carmin à un rouge cadmium.


En bonne ogresse narcissique, obsédée par la peur d’être oubliée et l’indifférence, j’avais un jour décidé aussi de parasiter les univers d’artistes ou photographes…après tout ne m’étais-je pas auto proclamée la princesse aux grains de beauté, avec mes 547 mouches qui habillaient mon corps ? Investir un lieu permettrait à mon image à défaut de ma personne de trouver enfin une place où se fixer.

Par ailleurs, toujours la tête dans les nuages à m’inventer x contes et histoires, j’étais obnubilée par les rêves, mon territoire le plus familier. Surtout, sur le fait qu’il ne peut y avoir de copyright…on ne peut empêcher votre cher et tendre ni le pire connard de rêver de vous et de faire de vous ce qu’il veut dans le royaume de Morphée. Cette idée m’excitait terriblement étant devenue assez addict au plaisir de la séduction, de ressentir ce pouvoir que l’on exerce, par une simple image, sur le désir de l’autre.

Oui ! depuis que j’avais arrêté de peindre mais aussi que mon horloge biologique sonnait le glas d’une descendance directe, je me sentais inquiète, effrayée par la conscience de ma mort que je n’espérais pas si prochaine, de la maladie, de l’oubli…et résonnais régulièrement en moi, ce magnifique haïkaï de la poétesse Ono no Komachi que j’adorais: « la couleur de la fleur s’est évanouie pendant que je contemplais vainement le passage de ma personne en ce monde ».

Bref, je créais donc un book et à ma grande surprise reçu vite beaucoup de propositions, d’autant que je posais souvent nue et visiblement les autres « modèles » ronds étaient plus pudiques ou complexées que je ne l’étais.

Du coup, en quelques années, je posais avec fierté pour des artistes que j’admirais comme Martin Schreiber, Laurent Benaïm ou Bernard Minier et parfois participais à d’autres univers avec joie et une coquetterie certaine.


Ce soir-là, en plein doute de mes capacités à séduire et de mon jauge de glamour ayant reçu un énième lapin de DJ, et regardé avec désillusion la fuite en avant de monsieur moustache mon nouvel amant qui ne prenait même plus la peine de me répondre sur facebook lorsque je lui écrivais en privé, connaissant pourtant toute l’importance que j’apportais aux intentions et combien cette indifférence auréolée de non-dits , spécialité de l’art courtois des réseaux sociaux, égratignait désagréablement mon orgueil.

Ce soir-là donc, je reçus un mail qui ébrécha enfin ma morosité hivernale : une nouvelle demande d’un photographe que je ne connaissais pas : Paul de Vallombise.

« Bonjour, 
Me décidant a enfin faire des photos de nus je vous contacte pour connaître vos conditions.
Mon projet photographique est en noir et blanc contrasté soulignant le corps et les émotions. Bien à vous,
Paul »

mercredi 22 avril 2015

Mommy loves you!


Le jour J arriva ! Mon futur amant m’avait préparé un petit fascicule d’au moins 5 pages avec des jolies photos des rues pour que je ne puisse pas me perdre. L’attention était certes charmante et permettait d’éviter tout stress mais comme j’arrivais à 15 heures et ne le rencontrerais que le lendemain matin à 6, j’avais tout mon temps pour trouver le building moderne qui se situait en fait à peine à 50 mètres de la gare. 

J’étais en fait vraiment amusée et excitée de cette petite escapade brisant la grisaille de mon quotidien. Moi qui ne me sentais jamais à ma place nulle part, j’aimais par-dessus tout le voyage, être ailleurs, ce mélange d’apeurement et d’excitation, ce sentiment paradoxal d’être dans un cocon hors du temps et pourtant en devenir. Oui ! Cette sensation enivrante de l’ailleurs ! Cela me manquait terriblement car mes finances depuis plusieurs mois ne me permettait que peu de mouvements à l’extérieur de Paris et j’y étouffais souvent rêvant à de multiples destinations en France ou ailleurs. 

Eh bien cette fois-ci j’avais quitté mon antre parisien pour me retrouver dans cet hôtel impersonnel mais terriblement confortable, dans une ville que je ne connaissais pas. J’appréciais ce moment et lui étais déjà sincèrement reconnaissante de ce cadeau sans prix qu’il m’avait offert sans même en être conscient : être en Bretagne, à découvrir les ruelles du centre ville puis, dans ma chambre d’hôtel à me délasser dans un bain avant d’attendre mon goûteur de mamelons, oui, c’était une petite parcelle de bonheur et de respiration.

Après une nuit agitée malgré le confort du lit, à 6h 05, on frappa à la porte et je découvris enfin Denis. Il était bien plus jeune que je ne l’imaginais, charmant et terriblement timide. J’avais envie de rire et le taquiner en lui disant de venir voir maman mais je n’étais pas sure qu’il prise mon humour car plusieurs fois par téléphone, mes essais caustiques avaient créé un léger blanc pour ne pas dire malaise. Visiblement, l’antiphrase n’était pas son dada ni le sarcasme.





Cette entrée m’avait un peu déconcertée car ponctuée d’aucun baiser mais juste d’un bonjour bégayé. En fait, en souriant, mon jeune mécène se mit sans plus tarder en tenue d’Adam. Timide, certes, mais il fallait rentabiliser son temps !

On ne prend pas le petit déjeuner alors ? si ! car courtois et parfait il m’avait apporté deux chocolatines ! Je dois dire que je savourais malgré mon esprit embrumé, cette scène cocasse de prendre un petit déjeuner avec un inconnu, tous les deux nus sur ce grand lit, tout en soupçonnant déjà que l’ébat ne serait pas passionné. Soupçon élémentaire en observant son pantalon bien plié sur la chaise, sa veste sur un cintre et le temps pris à déguster sa viennoiserie au lieu de me dévorer comme petit déjeuner.

Finalement, une fois fini, avec un sourire timide il attendait un geste imperceptible lui donnant accès à mon anatomie tant désirée. Je souris et l’embrassais enfin en lui disant de venir et en pensant in sotto un brin frustrée, surtout, tu ne lui attrapes pas la queue ! Quel dommage ! non ! le menu était composé de petits baisers échangés doucement, de façon guère tumultueuse, puis il plongea enfin et s’engouffra la tête entre mes deux seins, s’amusa à poser mes seins sur son visage, s’empêchant ainsi de respirer.

C’est vrai que l’air des montagnes se raréfie mais là il avait la tête enfoncée dans la vallée tandis que les mains étaient agrippées aux pics vertigineux mais hélas il n’y eut aucun planté de bâton pour marquer son territoire. Non, là,il haletait joyeusement tandis qu’il suçotait mes tétons de manière fort agréable.

Je commençais à trouver ce moment particulièrement plaisant tant il y mettait du cœur à l’ouvrage et j’attendais au vu de sa respiration syncopée les fameux sutras du nichon mais rien ne venait. Voilà qui était absolument décevant !

Ce fut donc moi qui commença perversement à susurrer à l’oreille de mon plongeur des profondeurs tandis qu’il remontait à la surface prendre l’air un « gros seins, gros seins ». L’effet fut net et instantanée ! il sursauta et gémit de désir alors maladroitement il scanda 5- 6 fois ces mots, comme un blasphème honteux mais si émoustillant et arbora une magnifique érection ! hélas, comme Moïse j’étais condamnée à regarder et non à toucher la terre promise.

Nous restâmes à jouer sur les dunes, lui inondant plusieurs fois de plaisir son terrain de jeu favori tandis que j’observais ce moment dans un plaisir mâtiné de frustration.

11h45, il se leva d’un coup, me disant tout de go « je dois y aller, à bientôt j’espère « et expédia un dernier baiser .

Je partis à mon tour pour la gare, tapotant un texto pour le remercier de ce délicieux moment. Je ne reçus de retour que le soir à 22h30 tandis qu’il promenait bibi son chien. 

Dans un long monologue, il me décrivit sa journée : il était arrivé à l’heure à son travail, se sentait fatigué, que j’avais des seins qui étaient impressionnants et que nous pourrions nous revoir dans 3-4 mois, qu’il ne pouvait pas venir à paris c’ était bien dommage.






Tandis qu’il marquait une pause et interrompais enfin son record d’apnée, je pensais à encore une fois le remercier de ce moment bien agréable ainsi que pour ces jeux mammaires et ces baisers. 

Il me répondit alors abruptement un : « oui c’était bien mais tu as la langue dure ! »

Pardon ?

Je demeurais coi moins de la cuistrerie que d’étonnement, que signifiait la langue dure ? visiblement elle n’était pas assez souple ! voilà qui était un brin vexant mais que pouvais-je dire ? je balbutiais un malheureux « ah ? » en me sentant punie d’avoir été aussi faux cul en le complimentant ! Cela m’apprendrait. 

Le lendemain, je reçus un long mail m’expliquant qu’il aimerait s’impliquer dans un projet avec moi comme la création d’un site web…L’idée était amusante et nous décidâmes de créer une galerie en ligne. Retournée à l’histoire de l’art m’amusait assez encore fallait-il que nous partageâmes les même goûts ce qui n’étaient visiblement pas le cas. Coïtus interrompus du projet qui échoua aussi rapidement qu’il avait été énoncé.

Pendant quelques temps, je reçus régulièrement de ses nouvelles, dans de longs monologues avec lui-même dont je n’avais de place qu’une écoute complaisante. Il ergotait sur de longues lapalissades sous un ton docte qui commençait à m’ennuyer tout en ponctuant parfois de quelques vacheries et de considérations prosaïques sur les 304, 50 euros que je lui avais coûté et qui le mettait aujourd’hui un peu dans l’embarras financier.

Un jour, agacée de ma passivité à son sujet et de ses remarques, je lui reprochais ce ton docte, petit professeur,sur de grandes évidences et cette immense faculté à sous-estimer la culture ou l’intelligence de son interlocuteur, c’est-à-dire moi !

Il m’écouta avec attention et m’avoua que ce n’était pas la première fois qu’on lui faisait cette remarque, il ne s’en formalisa pas mais justifia sa muflerie de peur que je puisse tomber amoureuse car sa dernière maîtresse et lui avait eu un investissement sentimental qui avait failli détruire son mariage.






Décidément, tous les hommes se croyaient-ils irrésistibles ?

Je pensais donner une apparence libre et libérée même si à l’écoute de l’autre, je devais avoir encore quelques lacunes de la psyché humaine car on confondait allègrement mes contemplations solitaires à une âme de midinette bien éloignée de mon monde onirique.

il n’y avait que très peu de risque que je ressente la moindre humeur vagabonde à son sujet ! Je lui annonçais avec diplomatie mettant en avant mon peu d’inclinaison pour les folles passions et mon dégoût de l’hystérie sentimentale. Je pense qu’il ne me crut jamais mais, lui-même lassé, petit à petit, il déserta notre correspondance à mon grand soulagement…des monts fantasmé, je ne voulais pas devenir un bouche trou avec encore une fois un roi du soliloque.

Un soir alors qu’il m’appelait je le surpris en murmurant sa litanie préférée, il demandait grâce trop ému et effrayé d’être entendu dans ses plaintes sensuelles, honteux devant le regard énamouré de Bibi. 
Sadique, je n’arrêtais pas, modulant à chaque halètement un gros nichon mâtiné de gros sein jusqu'à entendre impuissant devant ma perversité sa petite mort au bout du fil. Ce fut sans doute le gros sein de trop : la messe étant dite, nous pouvions aller en paix, et, mes pas, mon esprit, et même mon cœur se tournaient déjà avec un enthousiasme et une exclusivité juvénile vers la perfide Albion !

dimanche 29 mars 2015

Les versets sataniques


Après quelques années de rupture avec le site de size que je modérais, le Pulpeclub, voici que par ennui et mélancolie de le voir dépérir dans une quasi indifférence je retournais m’y inscrire. J’abandonnais le pseudo usé et trop connu dans ce lieu de bustydoll pour celui plus récent de la Walkyrie. 

Les joueurs de poker et notamment une amie blogueuse m’avait baptisée ainsi pour la légèreté de mon jeu et de mes relances, mon physique peu latin, mon prénom et cette habitude de ne jamais dire Lol au profit de « rires » bien plus élégant et français, of course !

Le forum s’enlisait dans une indifférence généralisée, trop obsolète il était délaissé pour facebook, twitter and co. 

Je ne voulais pas le laisser dépérir et prise d’un enthousiasme quasi hystérique me mis à parsemer les forums de sujets à la valeur philosophique douteuse

Langage et sexualité
  Postéà 20:08 par la-walkyrie
  
parlez-vous avec votre ou vos partenaires?

beaucoup de gens n'osent pas forcément de peur de blesser ou par pudeur...vous est-il aisé de décrire vos envies, fantasmes mais aussi vos tabous?

Mentez-vous parfois?

bref pour vous quel est votre rapport entre sexualité et langage? faut-il tout dire ou garder une part secrète afin d'alimenter aussi le désir?

J’eus ce soir-là, dans ma boite privée un message d’un jeune homme, Denis, qui s’excusait de venir ainsi frapper à mon huitre mais ne pouvait pas raconter son secret en public car oui! le langage pour le monsieur était essentiel mais non! pas pour dialoguer mais plus dans le fantasme de certains mots.

J’étais intriguée devant les multiples hésitations de mon interlocuteur et acceptais de discuter avec lui loin de ce site, sur mon mail privé condition sine qua none pour m’avouer son terrible fardeau.

Je spéculais en ouvrant mon mail sur ces mots magiques, étaient-ce de l’ordre du classique : « Je t'encule Thérèse, je te prends, je te retourne contre le mur, je te baise par tous les trous, je te défonce, je te mets Thérèse » ou un plus easy going « t’aimes ça hein cochonne ?! »





Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre dans sa lettre d’autocritique que Denis était mazophile et que son fantasme absolu était de réciter à l’oreille de son amante une litanie : « gros seins ! gros seins ! gros nichons » tandis qu’il allait et venait entre ses reins ou dans une variante plus à propos ses mamelons… 

Fi de Thérèse, nous étions plus dans la psalmodie sacrée et infinie ainsi que dans un jeu de masques digne du Livre de Sable de Borgès.

J’explosais de rire, amusée en imaginant une voix de fausset perverse, altérée de désir me déclamer sa prose obsessionnelle. Je devais impérativement rencontrer ce monsieur !

Malheureusement, il vivait au fin fond de sa Bretagne et même si amusée et intriguée devant tant d’extravagance bon enfant, je me refusais à payer un aller au retour pour écouter cette sérénade. Qu’à cela ne tienne, mon interlocuteur particulièrement excité par mon 120H de tour de bonnet proposait de m’offrir, l’hôtel et le voyage pour enfin assouvir cette envie honteuse qui le tourmentait depuis tant d’années.

Je refusais tout de go, ne le connaissant pas. Si je n’apportais que peu d’importance à l’argent, n y voyant qu’un confort certain, je me rappelais bien cette étude en psychologie démontrant combien la plupart des hommes prenaient comme un oui sous-entendu lorsqu’une femme acceptait de leur laisser l’addition. A partir de là le comportement changeait plus conquérant puisque vous avez accepté le troc et appartenait de fait à l’acquéreur.

Alors un train et un hôtel offert par un inconnu cela avait certes un aspect ludique et fantasmatique mais si glauque…nous n’étions finalement pas loin de la prostitution.

Il fallût plusieurs mois pour que de guerre lasse, j’accepte enfin cette proposition. Nous avions longuement échangé et discouru, s’étions x fois téléphoné et je ne ressentais aucune angoisse à le découvrir.


Mon amant parisien, DJ avait disparu dans les limbes de ses anciennes conquêtes et au lieu de badiner, après 6 ans de relation, ergotait par téléphone, journalièrement sur les vertus du carrelage de la maison qu’il avait acheté, des qualités et défauts de toutes les races canines imaginables qu’il souhaitait acquérir de peur d’être agressé et cambriolé dans son antre mais en même temps ayant une peur viscérale des chiens, le choix de son futur compagnon était délicat et propice au fil rouge d’une conversation de plusieurs mois car si un doberman ne lui semblait pas une si mauvaise idée, il semblait par ailleurs tétanisé de peur devant un chiot bichon…



Bref, à 48 ans la libido de mon amant semblait n’être qu’un vieux mirage édulcoré et monter chez moi, au 4ème étage sans ascenseur pour honorer sa maîtresse trop replète lui paraissait demander une énergie physique et imaginative disparue depuis bien longtemps…Au point que malgré mon inertie habituelle et ma phobie de l’abandon, un jour de guerre lasse, je décidais enfin de changer d’angle d’horizon et acceptais cette invitation.


A l’instant précis où j’envoyais mon mail marquant mon accord, pour finalement venir déguster quelques crêpes, Denis m’envoya immédiatement une sorte de devis tout établi du jour, train et hôtel …tout semblait avoir déjà été depuis longtemps pré réservé, je n’avais qu’à prendre un rtt et le rejoindre… Bon, bien sûr je devais arriver un dimanche et pouvais choisir entre le début d’après-midi ou de soirée et repartirai un lundi matin car Denis , en homme marié ne pouvait s’accorder qu’une matinée. 

Un peu engoncée dans ce voyage organisé peu en adéquation avec mes us et coutumes, je choisis néanmoins dans ce programme l’option début d’après-midi pour découvrir Rennes que je ne connaissais pas. Le lendemain, je reçus alors une gentille lettre m’expliquant combien en homme gentleman et afin que je sois le plus heureuse possible il tenait à me faire voyager en TGV première classe. Il était comme ça lui ! Mouais ! et qu’il avait réservé dans un hôtel Mercure une belle chambre car il pouvait s’offrir de temps en temps quelques menus plaisirs…

Il me rappelait un ami photographe qui lors de notre première rencontre me mit une cuillère dans la bouche d’un excellent caviar en me disant déguste-le, ce que je m’empressais de faire mais au moment de le savourer me dit « tu sais combien ça coute une bouchée comme ça hein »…le plaisir sensuel devint tout aussitôt une douche froide devant une telle vulgarité et je faillis lui dire que ses œufs de limpes étaient pas si mal tant j’abhorrais son contentement de soi.

Pour mon mammophile convaincu, je commençais également à regretter d’avoir dit oui car toute la galanterie du geste s’effaçait devant autant d’autosatisfaction…par ailleurs je n’osais pas lui dire que j’aurais mille fois préféré un hôtel pittoresque miteux que ce genre d’hôtel confortable mais si informel qui ne m’inspirait qu’une profonde indifférence.

Les mails défilaient et se ressemblaient ponctués de gros seins, gros seins, gros nichons qu’il se permettait enfin d’égrener au fil et à mesure de notre correspondance. Une fois, le billet et hôtel réservé, il m’expliqua également que si il voulait enfuir sa tête dans ma poitrine et dormir dans son opulence, je devais surtout jamais, mais au grand jamais toucher sa queue.

Hein ? Oui!car il avait un phimosis!! ! Mince et son sexe était si sensible qu’un simple effleurement lui était douloureux.

Moi qui n’était pas d’une habilité et légèreté dans mes mouvements reconnues, je sentais la jauge d’angoisse s’accroître à mesure de ses explications…Pas de main au panier en embrassant, pas de gâterie en apéritif…voilà qui modifiait radicalement le menu de mes petits plaisirs…pas de pénétration ! J'espérais que les crêpes bretonnes étaient aussi bonnes que célèbres parce que je sentais que je n’allais pas faire abondance de débordement orgiaque. Moi qui aimais le lâcher prise animal voir parfois bestial j’allais devoir surveiller mes mains pour servir exclusivement d’oreillers au Monsieur. ô combien fantasmatique ! En plus le matin, à 6 heures du matin (j'avais négocié pas avant) afin m'expliqua t-il avec bonhomie qu'il puisse rentabiliser son demi rtt et ma venue...Oui! je me voyais déjà assoupie, lui en apnée entre mes seins... après les coussins péteurs madame invente les coussins ronfleurs! le romanesque autant que le débridement des sens allaient être au rdv c'était chose sure!

Heureusement, que le cocasse et la psalmodie incongrue des nichons allaient compenser ce menu de régime véniel.





lundi 17 novembre 2014

Une odeur de souffre persistante!!!


Maîtresse Busty trônait donc alanguie sur son lit, le martinet en cuir à la main attendant sa soumise postulante avec comme majordome "Stéphane".
L'idée était simple: la candidate devait arriver, se présenter à ma porte et puis se changer avant de pouvoir pénétrer dans ma chambre...J'attendais suffocante dans la chaleur de juillet, n'osant pas ouvrir les fenêtres de peur que nos éventuels bruits, râles, gémissements, cris deviennent les seules respirations de cette après-midi là pour mes voisins et moi .
Je me sentais terriblement  engoncée dans ma guêpière mais j'avoue que l'idée m'émoustillait et m'intriguait de plus en plus.

J'avais le sentiment que plus je vieillissais plus mes fantasmes apparaissaient, de moins en moins édulcorés et la tendresse qui avait dévoré mon ancien couple et me satisfaisait alors me paraissait soudain bien fade...ou tellement insuffisante: j'avais envie de jeux, de ludisme, de transgression, de bestialité même, de m'oublier dans une saturation des plaisirs des sens... j'avais envie de rire, de ressentir...et surtout de ne jamais me cantonner à une seule attitude.

On sonna subitement à ma porte. Elle arrivait. Je sentais poindre un fou rire nerveux de panique  tandis que mon amant fermait la porte de ma chambre face à mon lit... j'entendis ensuite quelques murmures nerveux...je me contenais difficilement lorsqu'on frappa à la porte 3 fois, je souriais de l'à propos dramaturgique de mon cher et tendre et d'une voix de stentor, glaciale je m'entendis déclarer un "entrez!" tonitruant.


C'est alors que je vis la plus étrange des apparitions, un pokémon d'un mètre 50 aussi rond que grand me souriait d'un air apeuré, les cheveux hirsutes! je me sentais tout attendrie devant cette femme sortie tout droit d'un conte ou d'un roman de fantasy...oscillant entre un hobbit et un gnome, je me sentais émue et faillis m'exclamer attendrie: "oooh qu'elle est mimi" tandis que m'étant levée pour l'inspecter, je la surplombais d'une bonne trentaine de centimètres, figée dans mes talons aiguilles pour éviter toute démarche incertaine,  j'entendis "Séphane" me demandait s'il devait me la préparer...je répondis alors de mon nouveau ton glacial: "bien sur, faites! et vite!"

Je dois avouer que ce mauvais pastiche m'aurait fait un peu honte si je n'avais pas autant gloussé dans mon oreiller et je m'étranglais à moitié lorsque je vis dans une sorte de filet de résille la dame, à quatre pattes , yeux bandés, en laisse, parvenir difficilement à mon lit, guidée par un Stéphane écarlate, n'osant me regarder tant il se retenait d'exploser de rire. Nous dûmes je crois la faire attendre une bonne dizaine de minutes tétanisée d'effroi tandis que mon cher et tendre et moi-même dévorions allègrement nos coussins respectifs pour ne pas nous entendre glousser!

(Deux affreux sales gosses! le plus difficile dans cette séquence étonnante fut de la hisser sur mon lit car véronique tétanisée ne voulait ou ne pouvait plus se mouvoir! je lui avais dit de ne pas émettre la moindre syllabe mais après l'avoir hissée et tandis que j haletais devant l'effort je lui demandais si elle était prête à être ma chienne?

A mon grand désappointement je ne reçus pas la moindre réponse et je réitérais la question un peu agacée...
toujours silencieuse, je décidais alors de fesser l'insolente qui se mit à larmoyer et à geindre un "maaaais vous m'avez dit de ne paaas parler". Je crois que c'est à cet instant précis, alors que je sentais poindre au mieux un lumbago au pire une hernie d'avoir du la porter que ma jauge d'empathie clignota dangereusement devant tant de stupidité, de grotesque (de toute part). Je lui enfonçais alors sans ménagement un bâillon dans la bouche et décidais de la fustiger avec mes derniers sursauts d'énergie observant avec délectation les rougeurs striant son blanc fessier.

Il n'empêche que moi-même suite à ce fastidieux effort, je me sentais au bord de malaise, prête à défaillir car la dame devait avoir comme arme défensive une très forte sudation . Ne supportant pas les odeurs corporelles, je me sentais accablée par celles acres d'une inconnue embaumant ma chambre dans cette journée caniculaire m'insupportait et m'étouffait littéralement! Courage! fuyons! était mon unique pensée tandis que j'ordonnais à mon assistant du  jour de continuer à rougir le cul de mon invitée et je me dépêchais de quitter la chambre afin de trouver au plus vite de l'encens.

Je cherchais celui aux arômes le plus lourd, venant du Bhoutan et m'approchant d'elle, j'allumais la mèche salvatrice...j'entendis alors des hurlements étouffés et des soubresauts de ma pathétique prisonnière engoncée dans son filet, ses menottes et bavant joyeusement sur mon gag ball. Je la regardais stupéfaite lorsque je compris que la malheureuse avait les yeux bandés et pensais dans sa terreur que j'allais la brûler! je ne pus alors m’empêcher de souffler sur mon allumette et bien que juste chaude de lui toucher la cuisse! Merde! elle avait empuanti mon appartement, je pouvais me venger un peu! non?  mais honteuse je crus qu'elle allait s'évanouir de terreur et ne pus m’empêcher de mettre rapidement fin à ce jeu cruel.

je lui libérais alors les yeux et la bouche afin de lui ordonner de lécher mon anatomie et suçoter mes seins toujours si érogènes ce qu elle fit avec une certaine avidité! la drôlesse y mettait un appétit certain et je commençais à apprécier ce traitement lorsque je vis mon amant de l autre côté du lit sursauter et me faire discrètement un petit signe alors qu'il avait dégainer un godemiché de la grandeur d'un bras ou presque, que je connaissais très bien puisque "la dame si bien" m'avait besognée avec cette arme sans grande délicatesse l'année précédente.

Fi de Michelle, je prenais le relais et demandais vertement à ma nouvelle chienne de sucer comme il se devait mon amant lorsque je découvris l'ampleur du désastre...et compris les gesticulations silencieuses de mon amant... l'odeur, malheureusement, ne semblait ne pas être sa seule arme et ma soumise du jour avait laissé un voile de pudeur cacher son anatomie...ou plutôt un ou deux papier toilettes avaient du se déchirer et trônaient insolemment comme un puzzle sur les parties intimes de la dame. Bon, je savais une chose c'est que l'expérience n'allait pas être la plus excitante de ma vie et c'était bien fait pour ma gueule! j'entendais ma mère me susurrer "c'est le petit jésus qui t'as puni ma fille!"

j'avoue que j étais cette fois-ci piégée dans cette mauvaise farce ne sachant comment esquiver mes devoirs de maîtresse Busty! je n osais pas lui dire : "tu n'as pas honte de te présenter ainsi!" tant j étais vraiment incommodée de ce manque d'hygiène (c était un comble) et du coup sans pouvoir respirer un grand coup mais pensant un prosaïque "quand faut y aller! faut y aller!" je m'armais avec désespoir de ma massue en latex pour explorer la zone humide de la dame, qui à ses halètements semblait pour le coup, elle, pas dans le même esprit que sa maîtresse, nullement incommodée de la situation et appréciait grandement son traitement, tant et si bien qu'elle sursauta dans un orgasme terrible et perdant le contrôle mordit cruellement mon amant!

Je crus qu'elle l'avait castré et regardait tétanisée la scène, observant dans un même tempo les soubresauts de plaisir de mon petit sconse et les jappements angoissés de mon amant les yeux exorbités!


j'entendis Véronique susurrer un pardon un peu honteux avant de s'effondrer dans mes draps.
Quel coup de théâtre dans ce vaudeville.  Je me demandais si , partant le lendemain pour la campagne, j'avais encore le temps de faire une machine avant de lui dire de partir pour tout désinfecter (y compris nous-mêmes) et après l'avoir laissé respirer deux minutes, je lui ordonnais sans nulle autre façon de nous laisser mon clown blanc au vu de sa couleur terreuse depuis quelques instants et moi...bien sûr avant de s'éclipser, qu'elle n’oublie de me lécher les pieds.

Grossière erreur, et dans cette déroute épreuve supplémentaire car je découvris ce jour-là combien je détestais qu' on me bave sur mes pieds et suçote mes pauvres orteils... Alors, dans un stoïcisme admirable, contenant mon hystérie qui cherchait à poindre, je lui ordonna de se rhabiller et de nous laisser : " je suis satisfaite! tu es une bonne chienne!"
Elle me regarda éperdue et s'écriant un "merci Madame vous êtes si bonne" et je vis disparaitre mon petit lutin odoriférant soulagée de quitter mes pénates.

Nous ouvrîmes aussitôt les fenêtres de l'appartement afin de pouvoir respirer puis mon cher et tendre remis de sa cruelle blessure de guerre et moi même passèrent joyeusement la nuit à hurler de rire devant cette épisode improbable!
Érotiquement je doute qu'il s'agisse là d'une expérience d'une rare intensité mais je crois que nous n'avons jamais autant ri, d'autant que pris à notre propre jeux nous fûmes punis de notre mascarade et goûtais à cette incongruité puisque finalement seule Véronique jouit de notre mise en scène et involontairement, elle fut le glaive de sa vengeance en castrant à moitié mon compagnon et embaumant, marquant de son odeur mon appartement devenant à mon grand dam son territoire!

je pensais à la célèbre phrase de Goethe, dans son Faust :

"– Qui es-tu donc, à la fin ?
– Je suis une partie de cette force
qui, éternellement, veut le mal, et qui, éternellement, accomplit le bien"


 Je ne sais si Méphistophélès nous avait inspiré mais il semblerait que nous fûmes punis par ses boules puantes comme bombes de destruction massive !

inutile de dire quand,15 jours plus tard, gambadant dans les bois, je reçus un texto de mon amant me disant hilare que Véronique avait adoré sa séance même si elle m'avait trouvé très dure et espérait  me revoir mais seule à seule sans lui cette fois-ci! je déclinais l'aimable proposition et mis fin définitivement et sans grand chagrin à mes expériences saphiques.

Maîtresse Busty disparu ainsi étrangement aussi vite qu'elle était apparue...

dimanche 16 novembre 2014

L'effet impulse!

Devant le SMS de séparation je demeurais hébétée...voici que je revivais trois années plus tard le même échec ressenti à celui insidieux qui s'était insinué en moi  après la perte du cocon de mon couple. Cette fois-ci  disparaissait à son tour la part de romanesque dans ma morne existence! deux jours avant les vacances et mon enfer brûlait et réchauffait les braises de la chaleur suffocante estivale ... j'étais au bord de la crise de nerf et faisant fi de mon célèbre orgueil je l'appelais et pleurais sans retenue sur son répondeur refusant cette séparation, demandant sa grâce, promettant de faire mille et un efforts...et voulant surtout une réelle discussion...le sms était un médium si minable. Il n'y a certes pas de belle séparation et mon amant était un maître des faux fuyants...mais un texto me paraissait si glacial, je ne pouvais le concevoir après deux ans de relation intense... tandis que je déversais mon ru de larmes, le téléphone se mit enfin à sonner, juste un autre texto: "Ça va amour? peux pas parler là mais j'ai une surprise qui va bien vous amuser".
Typique...laisser mijoter la petite Busty aux lardons et mangez-là andante, vous verrez combien sa chair sera tendre!

J'attendais donc son appel rassurée et un brin gromellante in sotto m'obligeant à ne pas devenir hystérique quand il téléphona enfin...avec un ton débonnaire, comme si nous n'avions pas failli nous séparer ce jour là , il m'annonça avoir une amie enfin une ancienne maîtresse qui rêvait de vivre une expérience avec une femme...il lui avait alors montré mes photos et elle voulait absolument me rencontrer.
Ça me rappelait vaguement quelque chose et je ne débordais pas d’enthousiasme à réitérer mon expérience avec encore une fois "une dame si bien", grande spécialiste de la pipe.
Mon amant jubilait : " mais non , je sais , je n'allais pas vous faire ré-endurer cela chérie, non ,non...rassurez-vous,  je lui ai dit que vous étiez une maîtresse BDSM!"

Comment? moi qui étais confondue de culpabilité et tétanisée à la peur de blesser quelqu'un je devais jouer le rôle d'une dominatrice et avec une femme qui plus est. Oh j'avais bien quelques amis libertins et spécialistes du genre mais je me voyais mal leur demander des conseils pour à jamais me décrédibiliser.
Milieu passionnant mais où l'auto dérision ne fait pas forcément des pré requis, je préférais éviter la susceptibilité de mes amis ne souhaitant pas qu'ils sachent que j aller endosser un rôle de mascarade, de tartuffe pas forcément glorieux mais...comment résister lorsque le grand tentateur sous les traits de mon amant désirait profondément quelque chose. Bien sûr, il avait su encore une fois me convaincre sans que je comprenne véritablement comment...quand à notre dispute d'un ton léger il me déclara "oh c'était juste un bluff, je savais que cela allait vous faire un électrochoc et que vous seriez ensuite dévorée de culpabilité, mais amour ces derniers jours vous avez été quand même un peu pénible"

Bref, la dame s'appelait Véronique et avait entretenu avec "Stéphane" (la énième identité choisie par mon amant ) une relation épisodique et amicale, bien sure bien avant que je le rencontre, et comme un hasard providentiel quelques jours auparavant ils avaient discuté sur le net, l'idée avait alors germer dans son esprit lorsqu'elle lui avait confié être tentée par une expérience saphique et du coup, il avait alors arrangé le RDV, me sachant en congé dans le but fantasmé de la filmer sans qu'elle en prenne véritablement conscience pour laisser une trace de ce glorieux moment. Bien sur elle était d'accord m'assura t-il et cela ajouterai un épisode à sa grande collection de films amateurs x ...j'appris ainsi à cet instant que j'étais déjà l'objet d'un film hélas de très mauvaise qualité (mais bien sur j étais d'accord?)

Nous mîmes donc des caméras dans la chambre et je m'habillais le jour J avec fébrilité d'une guêpière rouge et noir du plus bel effet, peignait les ongles et ma bouche de rouge vermillon et ma crinière dans une chignon strict, des bas résilles et des chaussures à talons aiguilles rouges venaient compléter "mon déguisement", je paradais enfin allongée sur mon lit tenant à la main un martinet en cuir et attendant ainsi la gueuse.


Maîtresse Busty était née! Adieu mes tendances nettes à la soumission, puisque je n'avais pas trouvé de dominateur ni de maître, j'allais pouvoir incarner un moment mes fantasmes et les tester sur Véronique.

Celle-ci était en retard : mon amant reçu ,en effet, un SMS lui annonçant un peu de retard et une forte angoisse et excitation. J'appris alors que "Stéphane"  lui avait annoncé que : "Maîtresse Busty" était une femme très dure et sévère qui avait beaucoup d'expériences en ce domaine et avait accepté de Stéphane sa requête par amitié pour lui s'il servait de maître de cérémonie. Il lui répondit d'ailleurs par texto que j'étais fort marrie de ce contretemps et la punirait comme il se doit pour son outrecuidance.

Ben voyons on était dans le BDSM comme deux gosses jouant à Dracula le jour d'halloween... si elle avait deux sous de jugeote elle exploserait immédiatement de rire et nous serions totalement humiliés.

Heureusement ce ne fut pas le cas!


samedi 27 septembre 2014

Maux croisés d'une relation

Quelques mois après l épisode de mon trio légendaire, avec mon amant et Michelle, cette dame si bien, si élégante, si comme il faut... je me retrouvais plongée dans un grand désarroi.
Je me sentais en effet paniquée car je voyais peu et surtout de moins en moins mon amant dans l'intimité... le RDV mensuel devenait plus facilement bimensuel malgré ma faim constante à son égard.. . Il semblait me manifester certes une égale gentillesse et indulgence mais matinée d'une atrophie du mot doux et à mon grand désarroi paraissait de moins en moins intéressé à grimper et escalader le mont Busty. 

Cela malheureusement faisait écho chez moi à moult angoisses et névroses dont ma peur de l'abandon, de ne plus être aimée ainsi que le sentiment constant de ne pas être à la hauteur, d'être le vilain petit canard, un bluff permanent, ne valant pas la peine de la moindre attention... du coup, son manque d'empathie sertissait ainsi cruellement mon besoin d'être sans cesse rassurée affectivement aggravé depuis quelques mois où avec tristesse et désillusion, j'avais aperçu  dans le regard de celui aimé une absence de désir qu'il  n'arrivait même plus malgré sa politesse à me cacher . J''avais alors goûté à l'amertume d'être prisonnière de l'image renvoyée  par  mon enveloppe physique trop imposante et qui ne lui convenait hélas plus. 

J'avais ensuite, du coup, beaucoup maigri mais malgré la perte d'une trentaine de kilos afin de correspondre un peu mieux à ses envies et son affabilité , nous étions dans un ronron où je ne devenais inexorablement qu'une amie, sa seule amie servant à combler le vide de sa solitude affective et intellectuelle.

Nous vivions également cette dichotomie dont parle si bien les romans de Stendhal entre désir et sentiment et ce désastre d'associer le ludisme à la tendresse. Mon cher et tendre m'adorait et cela paradoxalement ternissait souvent son désir à mon endroit. Se croyant assez dominateur et moi ignorante des us et coutumes BDSM et peu encline à les tester au début de notre relation par peur de la douleur, il s'était contenu dans ses envies  pour ne pas m'effrayer, puis lorsque vint ses inclinaisons affectives il lui parût impossible de concilier ses fantasmes d'humiliation ou de domination avec une personne qu'il aimait. 
A l'inverse, par curiosité et sentiment, je m'interrogeais sur un monde libertin et sadien bien plus complexe que je ne le présupposais et que lui même ne le vivait... ces jeux de rôles et ce rapport de lien absolu entre domination et soumission  me fascinait . De "chéri fais moi-mal" et des jeux scatos et de douleurs qui me répugnaient, que je craignais et que j'imaginais, je découvrais une variation de la dialectique hegelienne passionnante dépassant de bien loin mes a priori et renouant surtout avec mes fantasmes de geisha qui m'avaient tant troublée adolescente.



Bon. il semblait évident que ce ne serait pas avec lui que je vivrai ce genre de jeux érotiques. J'avais suffisamment de fantasmes et d'envies sensuelles et charnelles pour ne point regretter cette histoire tomber à l'Ô. 
Hélas, pour son désir monsieur gardait ses tournures épistolaires qui m'avaient tant fait frémir les premiers temps pour d'autres, les petits compliments à une multitude de charmantes donzelles toutes plus vulgaires les unes que les autres qui alimentaient joyeusement ma misandrie et ma jalousie d'autant que le ludisme sadique de mon amant jouait sans cesse, avec délectation, sur la ligne de rupture de ma jalousie et possessivité... aimant à pousser à bout ma patience déjà rudement ébranlée.

J'avais ainsi découvert ébahie plusieurs comportements  notables: celui avec la peste infecte qui amusait mon amant, le faisant fantasmer sur son envie de la dominer et l' humilier dans l'intimité ... quelle joie de fesser, pincer, cracher, uriner sur cette garce qui le narguait ainsi, quel plaisir ressentirait-il au moment de renverser les jeux de pouvoir...
Il y avait aussi celle qui se refusait obstinément tout en encourageant ses compliments: ah! le "non! non" qui allait se transformer enfin en un "oui , oooh ouiii" suppliant, quelle jouissance de pouvoir dresser cette farouche jument pour ensuite gentiment la violenter...ce fantasme du viol, du non qui devient oui ressentant soudain le plaisir de "l'amant d'exception" que monsieur était.
Le trophée (ou les trophées) insipide si ce n'est pour son enveloppe extérieure et qui donnait ainsi libre court à son plaisir nostalgique de la chasse et de l'exhibition , placebo exaltant au désarroi de l'âge mur de plus en plus accentué et de l'ennui d'une routine mortifère.

L'indulgence de mon Don Juan pour la gente féminine m'effarait: comme chez beaucoup de ses semblables, un simple compliment mielleux et la demoiselle était sanctifiée....je ne comprenais pas, pourquoi depuis l'enfance on nous conditionnait pour que la bienveillance, la compréhension, la tolérance, fidélité, loyauté deviennent nos idéaux  alors que c étaient bien les pestes roublardes qui déclenchaient la liesse de ces messieurs!  Le troupeau des bravasses dont a mon grand dam, suite certainement à une réincarnation antérieure de labrador, je faisais partie n'avait qu'à subir les représailles de ces admirateurs floués!Question de karma. Ainsi, du coup si vous n'étiez pas vénales voici que messieurs devenaient avares , sans jamais la moindre attention pour compenser un ancien mauvais goût restant (pour une fois qu'elle ne me harcèle pas pour voir tel ou tel cadeau, je ne lui donnerai rien), vous ne jouiez pas à la petite chose fragile remuant les ardeurs du mâle alpha? on vous laissait copieusement vous noyer dans la fange dans la plus totale indifférence...

J'étais déjà depuis longtemps misanthrope, le net et les réseaux sociaux m'apprirent à parfaire ma misandrie: ce cercle dantesque où chacune s'observait dans une rivalité existentielle des plus aliénantes: "l'enfer c'est les autres" avait dit Sartre ...oh oui! mais surtout enfermée en huis clos avec mesdames... entre celles qui frémissaient à chaque manifestation de popularité autres que les leurs  ou celles vous épiant pour se rassurer (elle fait plus vieille non? plus grosse?) comme si l'autre était un coup de baguette magique: cette femme est laide...bing je deviens belle! 


Celle-ci est plus jolie? arf...bing me voici enlaidie!
 J'avoue n'avoir jamais compris la rivalité féminine et ce besoin systématique de se comparer...étouffant et sclérosant...sur les réseaux sociaux je me sentais parfois tellement acculée que je développais un besoin irrésistible de justification dès que je mettais en ligne une image flatteuse de mon humble personne...comme honteuse qu'elle puisse plaire! c'était un cercle vicieux:  manquant de confiance, ayant besoin soudain de séduire, plaire, charmer je mettais joyeusement, comme une sorte de litanie, toujours et encore, une photo flatteuse puis, subitement, suite à quelques critiques ou remarques bien acerbes, je me sentais obligée de me justifier de mon narcisse (qu'importe d'ailleurs si la plaignante avait elle-même dans son propre "mur"  une myriade d'images sur elle et les autres; ah mais c était différent car pas un vilain selfie de soi à soi, mais simplement une mise en situation, avec autrui ou un pot de fleurs justifiant et excusant cette présence).
Bref,  j'étais obnubilée à la moindre image...surtout de ne pas retoucher la moindre lumière et de m'excuser de ma faille narcissique en expliquant avec vergogne au moindre succès (pourtant évidemment espéré) su'il s'agissait d'une photographie honteusement flatteuse, que je ne ressemblais pas à cela,  essayant ainsi d'amoindrir le glamour recherché et de gâcher l'effet escompté: presque à devoir déclamer et me flageller tel un pénitent si on me complimentait sur ma peau que j'avais des crises d'eczéma l' hiver parfois...
Du coup, au moindre compliment je rougissais de plaisir avant de me mortifier quasi immédiatement de ce vilain bluff. Pourtant, je savais que la vérité objective de l'image n'existait pas. Point besoin de Photoshop pour savoir que certaines lumières, angles adoucissent ou durcissent le visage, affinent ou empâtent...l'image n'étant qu'un point de vue figé de l'autre,une vue de l autre.

Dans ce jeu de comparaison, je détestais notamment l'attitude d'une femme que j'avais connu sur le site de size acceptance où je traînais. Mon animosité avait débuté lorsque je me mis en couple avec mon ancien compagnon. Ce dernier, bien que fort charmant ne plaisait pas : trop chevelu, trop maigre, trop docte et pas assez à la mode et très loin de ces jeux d'amour courtois. Curieusement, dès que l'on connu notre relation, une singulière popularité apparu...l'homme était en couple il devenait une denrée intéressante! un peu comme un étal sur un marché...dès qu'une personne s'y arrête, d'autres passants s'arrêteront intrigués par leur curiosité ..à moins qu'il s'agisse d'une stratégie souvent usité dans mon quartier pour les restaurants chinois et vietnamiens de Belleville: si vous voyez des gens et si possible asiatiques dans le restaurant, c'est que c'est là qu'il faut s'y arrêter, un gage de qualité!


Bref, une de ces femmes notamment avait poussé le culot au point d'être alors très explicite avec mon "rouleau de printemps", lui proposant tout bonnement de la rencontrer pour choisir qui était la mieux entre elle et moi. J'avais été atterrée lorsque mon compagnon peu sensible à cette proposition, m'avait lu en gloussant le mail de la donzelle et je n'avais jamais oublié malgré quelques années séparant cette anecdote et "une entente cordiale" établie .Du coup, je frémissais de rage lorsque mon amant roucoulait par mail avec cette dame qui ensuite venait curieusement me contacter par skype en gloussant pour me conter innocemment combien c était gênant l'insistance de mon cher et tendre envers elle et combien il était disert en compliments! Génant? non point parce qu'elle savait pertinemment que je sortais avec lui...oh non!  mais seulement d'être ainsi considérée depuis tant d'années comme une icône de beauté par ce monsieur!
Pensant que l'indifférence était la pire des punitions, je restais calme et stoïque, trop orgueilleuse pour me montrer devant elle blessée et lui accorder sa récompense avant de bouillir auprès de mon amant ... je n'aimais pas qu'il badine avec elle certes mais je détestais ses réactions: qu'il soit outré que je puisse supputer que la demoiselle n'était peut être pas si candide  en venant me raconter ses ardeurs alors qu'elle n était avec lui que douceur et bêtises ...il pensait  que mes réactions épidermiques n'étaient vraiment pas digne de moi et qu'il serait temps que je refrène ma paranoïa et mon petit côté conventionnel!

Ben merde alors! du coup, je me sentais mise en danger et développais  pour la première fois certains élans de jalousie. Je n 'étais pas sa femme mais sa maîtresse mais dès que je n'avais plus de nouvelle, je commençais à douter l'imaginant dans les bras d'une autre. Qu'il ait d'autres rencontres je pouvais encore le comprendre ! certes avec difficulté, mais la pillule devenait franchement amère quand je pensais qu'alors que je m'imposais pour lui une stricte fidélité et que je rongeais les freins de mon abstinence de plus en plus pesante,  monsieur batifolait avec des connes qui le désirait juste par désir torve de se comparer et de m'emmerder...ça ça me rendait folle! Sous-estimer mon intelligence et ma capacité d'analyse en minorant ses écrits et leurs impacts également!

J'avais tellement peur de le perdre que moi qui me refusais à tout élan d'agressivité, voici que je haussais le ton suspicieuse,  de plus en plus acide et fréquemment, au point que las de mes remontrances, je reçus un jour d'été un sms m'expliquant laconiquement la fin de notre relation. Malgré son amour  pour moi , je devenais trop étouffante à force de suspicion et il préférait ainsi mettre fin à notre relation avant qu'elle dégénère.

J'étais anéantie!


samedi 9 août 2014

Une dame si bien ou les triplettes de Belleville

(attention certaines scènes imaginées par l'auteur sont susceptibles de heurter la sensibilité d'esprits chastes...ce blog se veut interdit aux moins de 18 ans...)

Je ne comprenais pas comment avais-je pu me retrouver dans cette affaire tandis que fébrile je m’habillais pour le rdv que je DJ m’avait concocté au fessart, en ce mois de septembre.

DJ était mon amant depuis un an suite à une longue correspondance sur le site de size acceptance que je modérais bénévolement. J’étais très amoureuse de lui et également très reconnaissante car après la douloureuse séparation d’avec mon compagnon, dans une période peu réjouissante professionnellement et très anxiogène, il avait été ma bulle d’oxygène pour ne pas couler corps et âme.

Je pensais ne plus jamais aimer. C’était trop douloureux, trop absolu et  bien peu en accord avec mon stoïcisme face à la douleur qui atteignait le remarquable record du zéro absolu.



J’étais douillette et n’avais pas du tout apprécié ce sentiment de vide que procurait la séparation d’un couple…je me sentais vampirisée sentimentalement et marchais comme un zombie jusqu’au jour où je reçus les lettres amusantes, spirituelles, valorisantes d’un certain DJ. 

Je me laissais alors aller au jeu de cette correspondance et de cette rapide complicité épistolaire sans me rendre compte que je me mis de plus en plus rapidement à consulter mes mails messages du site à chaque réveil et ceci plusieurs fois par jour tel un toc, de plus en plus fébrilement, dégustant pour la première fois, la chaleur de cette valse des mots doux et de sa vertu hautement romanesque.

C’est ainsi que quelque mois plus tard, apeurée, et effrayée je vis sonner chez moi cet homme, dont on m’avait pourtant fortement déconseillée la fréquentation car il aimait soi-disant à détruire ses conquêtes  et les collectionnait tant et plus.

Rencontre étonnante de deux solitudes. Je vis apparaître un homme à l’aspect peu significatif malgré sa grandeur, qui observait bien plus mon habitat que mon apparence et ne parlait pas. Tandis qu’il s’asseyait je ressentis alors la curieuse impression de me retrouver dans un épisode de Maya l’abeille et de boire le thé avec Mme la mante religieuse… J’hésitai entre un saurien ou un insecte en sirotant dans un silence oppressant mon coca light quand cet homme soudain se tourna enfin vers moi et sans un sourire m’embrassa  passionnément en m’attrapant la tête avant de me culbuter dans des grognements bestiaux que je n’avais jamais entendu et qui ne me laissèrent pas indifférente.


S’ensuivit une relation et un amour croissant mutuel tandis que je fermais joyeusement les yeux sur ses (éventuelles) frasques, maîtresse oblige et je découvrais souvent le sentiment peu glorieux de jalousie du fait de son excellence à manipuler l’art courtois et de la superbe de sa verve mêlée à une fausse componction sucrée … 

Un an après nos premiers ébats, mon don juan vétéran me déclara un jour connaître la reine de la Pipe. Une femme extraordinaire qui excellait dans l’art de feller, comme aucune personne rencontrée et cela en dépit de  sa très grande expérience. 

C’était une de ses amies de vieille date, un brin plus âgée, très élégante qui suite à un veuvage précoce était devenue gouvernante dans les hautes sphères.

Tandis que je grimaçais déjà à l’amertume de ressentir l’enthousiasme de mon amant pour cette grande dame, celui-ci, grand seigneur me proposa alors de la rencontrer car elle pourrait ainsi m’enseigner son art et de surcroît en splendide cadeau d’amour me permettait de combler un de mes fantasmes le trio !
Je crois que mon amant avait curieusement négligé le fait que mon fantasme de trio était plutôt avec deux hommes que l’idée de le partager surtout avec une si grande experte de l’art oratoire.
Je n’étais pas en outre particulièrement excitée par la gente féminine. Mon ancien psychiatre avait beau un jour avoir parlé de ma bisexualité psychique, le mot psychique était loin d’être négligeable et prenait toute son importance car si embrasser la gente féminine ne me dérangeait a priori pas, je me voyais guère rendre hommage à son autel de vénus…mais, à bien y penser, elle pouvait elle a contrario –si elle le souhaitait – venir déguster les manifestations de mon plaisir, d’autant que j’appréciais particulièrement ce genre de caresses linguales en revanche il était hors de question que je fasse de même ! 

Pour être claire je fantasmais sur les bites, non sur les cons !

Bien sur, après avoir égrainer moult réticences, j'avais fini par céder, dévorée par la curiosité envers cette femme qui provoquait chez mon amant un tel sentiment d'admiration. J’étais donc ce jour-là assez angoissée de cette première expérience, manquant singulièrement de confiance en moi tandis que je cherchais, en retard à m’habiller le plus sexy et classe possible…pour une fois  je serai en talons hauts, bas Yves St Laurent et une robe sexy assez sobre en dentelle noire avec des dessous sexy de la même couleur…je finissais mon maquillage lorsque le téléphone sonna et DJ m’avertit qu’il était arrivé et était à m’attendre, dans l’appartement de ses parents (évidemment absents) avec « Michelle ». 



Il me fallût un certain temps pour ne pas dire un temps certain avant de terminer mon maquillage que je voulais assez poussée, mon amant aimant les femmes féminines (doux euphémisme pour dire fardées lourdement). Après avoir tenté une dizaine de fois de poser mon eye liner et ressemblant de plus en plus à un raton laveur,  je me dirigeais vers son appartement, la démarche aussi élégante que celle d’un camionneur transsexuel de l’ex Allemagne de l’est…décidément le talon et l’escarpin n’était mon ami. Arrivée tant bien que mal devant la porte de l’appartement, je sonnais le cœur battant et me demandant pourquoi j’avais accepté une telle rencontre...Quelle curiosité stupide de ma part! Je pouvais peut être encore faire demi-tour?


Hélas, la porte s’ouvrit et mon amant m’ouvrit avec le plus doux sourire que je ne lui avais jamais vu et dans ce vestibule m’embrassa longuement dans une étreinte d’une rare tendresse qui m’aurait laissé bouche bée si celle-ci n’avait pas été occupée par un baiser passionné. Non de Dieu, disparu mon lézard à sang froid, habituellement si flegmatique …j’étais abasourdie DJ venait de m’offrir…un câlin ? Aussi inconcevable que mister Spock chantant la sérénade dans un gondolier à Venise. Je me sentais chavirée par son sourire si doux lorsqu’il me susurra : « Prête ? »

« Euh…Prête à quoi ? Au champagne avec un anneau dans le verre ? Une rose entre les dents ? Ah non…ca y est…je me rappelais…prête à rencontrer la reine de la pipe ! »

Main dans la main, nous traversâmes ce palier pour entrer dans le salon et si je m’attendais à découvrir une fanny ardent à la sensualité troublante , c’est celui de sa camériste que mon regard rencontra …en fait une vielle dame souriante, en tee shirt décathlon défraîchi et legging du même acabit, me souriait, enfoncée dans un fauteuil, buvant un grand verre de mauvais mousseux quasiment fini…Mais que faisait le sosie de Rose, l’ancienne bonne de ma grand-mère chez DJ ?

Je compris alors avec désarroi mais un certain soulagement que cette dame au visage marquée et à l’air avenant qui me tapait la bise en se présentant, très à l’aise, était la fameuse Michelle. 

Du fait de l’encombrement de la pièce, nous étions face à face engoncées chacune dans un fauteuil de cuir tandis qu’au milieu trônait le mâle sur un canapé. Il me regardait indécis, se demandant comment j’allais réagir d’autant que madame turlutte venait déjà de lui posait la main sur la cuisse. Il la réprimanda gentiment, lui disant que nous avions tout le temps et que nous n’étions pas des animaux l’air un peu gêné (et si charmant) tandis que j’observai la scène un brin tétanisée … je me sentais comme souvent très étrangère à la scène comme visualisant une scène de cinéma, en hologramme. Ce remake de la "Maman et la putain" d'Eustache ne me semblait pas très bon malgré la séduisante doublure de Jean-Pierre Léaud...impossible de zapper si ce n'était dans la vie des bêtes.

Conscient de mon mal à l’aise et connaissant également ma timidité, DJ me prit alors la main et pour une fois me tutoya en murmurant doucement : « viens », j’obéissais et nous commençâmes par nous embrasser passionnément sur ce canapé, allongés, quand l’autre présence vint nous rejoindre, elle me caressa à son tour le visage et me détourna de celui de mon amant pour à son tour m’embrasser avec avidité…son baiser, à défaut de véritablement m’exciter, ne me laissa point indifférente… elle embrassait bien la bougresse…vraiment bien car malgré une odeur âcre de transpiration, je commençais à m’ abandonner, d’autant qu’à deux ils avaient déjà ôter ma robe et dégrafer mon soutien-gorge, ils palpaient et commentaient ensemble mes seins tels les bouvard et Pécuchet de l’échangisme… « Ils sont drôlement lourds  dis-donc», « elle fait du 115h, tu sais » « ohlala, j’ai jamais lécher de tels seins » « superbe » « elle les a super sensible ! Regarde ! » « ça doit lui faire mal au dos »


La madame à gros nichons aurait bien protesté qu’elle était présente parmi eux mais le fait d’être ainsi téter par deux bouches m’avait mis en émoi et l’érection de mon amant venait d’attirer mon regard et attiser mon désir…tandis que Michelle sortait tel un magicien un godemiché aux dimensions irréalistes de je ne sais où pour honorer mon humble personne, je préférai fuir mon regard pour goûter avec délice à la virilité turgescente de mon amant…si la dame - si bien - si élégante - avait une odeur quelque peu défraîchie, je fus étonnée de découvrir que l’intimité de mon amant, lui, sentait étonnamment l’amande ! En fait, le savon à l’amande ! c’était curieux vu que ca faisait au moins deux heures qu’il avait quitté son antre… tandis que j’ahanais sous les coups un brin brutal de cette bonne dame et de son jouet magique en m’acquittant d’un devoir linguale, je compris soudain qu’on ne m’avait peut-être pas tout à fait attendu pour jouer et que la reine de la pipe avait déjà avidement démontré ses prouesses à mon amant tandis que, auparavant, je me fardais et me préparais pour les retrouver…ma demi-heure de retard n’avait pas été perdue pour tout le monde. 

Je me sentais un peu vexée et n’appréciais guère cette découverte car j’avais l’amer sentiment d’être flouée, si à 3 je ne me sentais point jalouse puisqu’incluse dans le jeu, et l'intrus, le sex toy à pattes était censé être la dame si comme il faut or le fait que mister yeux si doux ait balancé sa purée à cette bouchère qui était en train de transformer à grand coup de massue  mon vagin en gare internationale m’exaspérais… merde ! Ils avaient été donc incapables d’attendre 10 mn sans que l’autre harpie lui ait déjà sauté dessus ! J'étais non pas jalouse mais particulièrement agacée, nous avions décidé une certaine fidélité malgré notre relation adultérine et dans cet apéritif à deux qu'ils avaient dégusté je ne goutais qu'à l'amertume de la lie...Michelle aurait du être la pièce rapportée pour épicer notre couple et dans cette dégustation andante, je m'apercevais que même si au centre de leur attention, dans ce jeu c'était finalement moi qui incarner la poupée gonflable.

Je pestais intérieurement, restant coi, trop tard ou trop tôt pour émettre le moindre grognement et maudissait la pompière. Cette dernière venait enfin d’arrêter de m’écarteler après avoir déclaré tout de go, avec une satisfaction évidente et un certain étonnement  « oh, mais c’est qu’elle prend tout hein, quand même, elle prend tout… » …cri du cœur qui venait d'achever de me mortifier, mon côté vieille france se rebiffant devant cette familiarité obscène quand subitement, avec un appétit jamais connu, elle se mit à me lécher…il y avait quelque chose d’écœurant dans cette caresse tant cette ogresse y mettait du cœur à l’ouvrage mais…ce n’était pas désagréable…en toute honnêteté cela commençait même à me faire grogner bien autrement que précédemment toujours sous l’œil enamouré et excité de mon amant félon …j’allais jouir quand elle s'arrêta d’un coup…ah ! Non !  Pas maintenant ! Ô frustration ultime ….décidément je la détestais cette ograsse tout cela pour me remplacer à l’art de la pipe et remettre devant moi cette fois-ci  le couvert avec mon bien aimé…ma foi…j’observai avec intérêt cette infatigable travailleuse qui effectivement y mettait une rare énergie quand elle me dit avec autorité voire sévérité  « eh bien ? Qu’attends-tu ? Rejoins-moi ! Aide-moi ! »

Bof ! Non, je n’aimais pas son ton dominateur  et je commençais en avoir assez ne me sentant pas à ma place et  je préférais regarder avec distanciation, visualisant après 30 millions d'amis (enfin 3 suffisait amplemen) un programme crypté de canal +:  c’est avec un réel amusement que  j’observais ces caresses et le service impeccable de la goulue même en tant que calice lorsque abreuvée du plaisir de mon amant…

Celui-ci, repus, avec un sourire ironique me regarda, et en me caressant gentiment le sein  me dit « vous savez que Michelle a une autre spécificité…c’est une femme fontaine…voulez-vous découvrir ce spectacle très chère ? »
Certes, j’avais toujours été curieuse de ce phénomène et un brin dubitative, tant qu’à être voyeuse, bien sûr que je voulais découvrir cela. Tandis que j’opinai silencieusement, il sourit et me dit « après tout, elle s’est démenée pour notre plaisir, il me parait de bon ton de lui offrir une récompense »


Nous nous dirigeâmes alors dans la salle de bain et dans une lueur un brin saumâtre, je contemplais cette dame âgée, au physique pour moi si déjà marquée par le temps, recevoir debout dans la baignoire, sans ménagement, avec la main de mon amant, des caresses jusqu’à ce que dans un long râle jaillisse sa source…à l’odeur pensais-je fascinée et un brin écœurée, sa fontaine n’était pas uniquement composée d’eau ferrugineuse…et le champagne bu auparavant abondait dans sa jouissance mortifère.

De retour dans le salon, je me sentais vidée de cette expérience… ne sachant pas encore si je devais la considérer comme amusante ou déplaisante… non déplaisante n’était pas le mot mais je n’avais pas su composer réellement une complicité de trio …je m’étais laissée faire, soumise comme souvent, avais su apprécier certains moments mais pas pu créer une complicité avec cette femme pourtant aimable… je me sentais un peu déçue d’être si engoncée malgré les caresses et sourires aimants de mon cher et tendre lorsque Michelle revint de la salle de bains. Habillée, elle finit son verre de mousseux, puis sans autre forme la bouteille et elle me demanda alors si mon poids n’était pas trop handicapant et si je n’avais pas songé à un régime…que je devrais peut être faire plus attention à ma manière de m’alimenter et combien il était important de manger sainement…charmant ! Madame vieille peau avec qui je venais de baiser et que je ne connaissais pas m’offrait en guise de mignardises des poncifs sur les risques de l’obésité…devrais-je à mon tour lui retourner la politesse en lui parlant des très bons déodorants, crèmes anti rides et évoquait avec elle ses visibles problèmes de fuites urinaires ?

Roland explosa de rire lorsque je lui contais cet épisode et le « elle prend tout ! Quand même ! elle prend tout hein » avec une voix de fausset devint une de nos plaisanteries favorites… je pensais que ce semi fiasco serait mon unique expérience….d’autant que DJ fut un brin désappointé que je ne puisse considérer Michelle comme une dame chic et d’un certain rang et n’y voit qu’une vieille dame affamée …je pensais donc m’endormir sous mes lauriers …c’était sans compter l’esprit inventif de mon amant et ses superbes surprises...car un an plus tard, j’entendis au téléphone la voix de mon tentateur préféré me demander si une expérience comme domina avec une soumise m’intéresserait... il connaissait une dame très bien…